« Respect », le mot est lancé dans les banlieues comme un cri d’admiration et comme l’expression d’un manque. Au sein de contre-sociétés dominées par la violence, le trafic, la drogue et les « tournantes », le besoin est apparu de recréer un code d’honneur plus proche de celui du « milieu » que de la chevalerie : le respect s’applique plus au voleur de blouson et aux kamikazes de Ben Laden qu’aux élus ou aux travailleurs volontiers traités de « bouffons ».
Etat pré insurrectionnel (2) : la crise des banlieues
Prévention, répression… de Tapie à Borloo, les plans de rénovation urbaine et autres programme d’urgence on déversé des milliards (combien au juste ? voir le billet sur les « responsables du désastre ») dans les banlieues. De Chevènement à Sarkozy, les ministres de l’intérieur ont enchaîné, contre les « sauvageons » ou les « racailles », plan de reconquête et opérations coup de poing. Sans que les uns ni les autres parviennent à enrayer la progression effrayante de la violence des cités. Tous les 2 ans comme en novembre 2005, une flambée particulièrement brutale, un acte plus atroce que les autres concentrent l’attention puis la France officielle revient à la certitude de ce fabuleux modèle d’intégration de la France Blacks-blancs-beurs.
Etat pré insurrectionnel (3) : les non-dits des banlieues
Les émeutes parisiennes ont des airs de guérillas palestiniennes. A Clichy-sous-bois d’où est partie la rébellion ce fameux jeudi 27 Octobre 2005, un camion de CRS a été visé par balles. A la Courneuve, des policiers ont essuyé des tirs, nombre d’entre eux ont été blessés par des jets de marteaux et de cocktails molotov. Des postes de police, des commerces, des écoles ont été pris d’assaut, des voitures incendiées… Pourquoi feindre ce début d’Intifada ?
Etat pré insurrectionnel (4) : les responsables du désastre
La France est en état d’urgence à cause de ceux qui ont laissé croire aux seuls bienfaits de la multiethnicité, du mélange des cultures et de la citoyenneté du monde pour tous. Ceux qui ont ringardisé le patriotisme, relativisé la légitimé des lois, victimisé les minorités, dissimulé les réalités, bidonné les chiffres, nié les évidences, lynché les contradicteurs. Ces professionnels du parler-faux traduisent les violences urbaines en demande d’intégration, les incendies d’écoles sont un besoin d’instruction, les manifestations de haines des messages protestataires… tout juste si les tirs à balles réelles contre les forces de l’ordre ne devraient pas être compris comme des gestes d’amour !
Etat pré insurrectionnel (5) : le trauma colonial
Toujours en cette fin d’année 2005 explosive, en s’appuyant, pour permettre l’application du couvre-feu, sur la loi du 3 avril 1955 qui avait institué l’état d’urgence au début de la guerre d’Algérie, le gouvernement a mis en évidence le retour du refoulé colonial. En effet, le traumatisme de la guerre d’Algérie, longtemps enfoui à la faveur des années d’expansion, exerce des ravages de plus en plus insidieux dans la conscience nationale française et se manifeste aujourd’hui avec une violence sans précédent depuis les émeutes des Minguettes, de Vénissieux et Vaulx-en-Velin en juillet 1981.
Etat pré insurrectionnel (6) : Les 7 faillites des « cités »
1. Logement : l’inexorable dégradation d’un urbanisme inadapté, immense et inhumain crée des ensembles de ségrégation. Les moyens mis en place pour changer les quartiers (1,5 million de personnes l’ont déjà vécu à ce jour) sont considérables : avec la création de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine qui fait fonction de guichet unique des crédits qui jusque là relevaient de plusieurs administrations différentes, même avec la destruction des barres d’immeuble, même avec près de 30 milliards d’euros programmés pour être consacrés dans les années qui viennent à la rénovation des grands ensembles.
2. Emploi : les cités frappées de plein fouet par le chômage depuis la crise de 1974. Quelques chiffres : en 2004 le taux de chômage des 15-59 ans dans les Zones d’Urbanisation Sensible est de 20,7% en moyenne soit plus du double de la moyenne nationale. Dans le détail des moins de 25 ans la situation est encore pire : dans ces quartiers sensibles le taux atteint le chiffre record de 36,2%.
Etat pré insurrectionnel (7) : l’Etat face aux tribus
Tout ce qui est dit lors des précédents billets – issues de lectures allant de 2002 à 2006 – sur les méfaits de l’idéologie multiculturaliste et les modèles communautaristes, sous-entend une révolte contre le père. En effet, quand on brûle un camion de pompiers, c’est bien une façon de voir jusqu’où il est possible d’aller dans l’interdit et la provocation à l’égard de l’institution. Si l’institution, au lieu d’infliger la sanction – que chacun sait méritée – envoie les travailleurs sociaux, les prédicateurs ou les chercheurs en sciences sociales, elle ne répond pas de façon appropriée, elle capitule.
La famille (1) : les bouleversements se confirment
Une institution en pleine mutation : la révolution des mœurs entamée dans les années 70 poursuit une onde de choc et secoue le modèle familial français : le couple marié avec les enfants incarnant la norme est fortement concurrencé par les unions libres, la montée en puissance des familles monoparentales ou recomposées.
La famille (2) : divorce et famille recomposée
Les foyers recomposés s’installent dans le paysage : plus d’1 enfant sur 10 connaît cette expérience.
La famille (3) : la parenté tardive encore en marge
Contre tout attente et en dépit du discours médiatique, la « parenté tardive » (avoir un enfant biologique à 40 ans ou plus pour les femmes et 45 ans ou plus pour les hommes) reste marginale.

