Le 11 novembre 2009 - COMMEMORATION DU 11 NOVEMBRE 1918
Posté sur le Blog politique par Dr Chabal, lundi 4 janvier 2010 || Catégorie : Département Ardèche
Mesdames et messieurs les élus, Mesdames et messieurs les responsables, Chers amis,
Et en ce 21ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, quelques réflexions. La chute, c’était un spectacle inouï. On sentait une dynamique humaine irrépressible, un souffle profond de liberté. Cette révolution berlinoise spontanée fut un peu chaotique mais merveilleusement paisible. C’était l’aboutissement des révolutions ratées de Budapest en 1956, de Prague en 1968, de Gdansk et Varsovie en 1981. Tombaient les frontières artificielles entre les vieux peuples du continent. Ce jour-là, l’histoire du monde a été faite en Europe centrale, et non à Washington, à Bruxelles ou à Moscou.
C'est Samuel PISAR qui parle.
Écoutons maintenant André GLUCKSMAN : Dans « la plus belle histoire de la liberté ». -Les lignes ont bougé, elles sont toujours mouvantes -Le désarroi politico-mondial est toujours le même -Dommage, car avec ces communications, l’on voit bien que « celui qui s’étonne sans comprendre incline à mythifier (sans réfléchir aux causes et aux conséquences). Ne serions-nous pas toujours dans un quiproquo radical ?»
Il faut se rappeler les racines de l’histoire :
Qui a donné le coup de pioche décisif dans le Mur de la honte ? Alexandre Soljenitsyne, l’ancien soldat de l’Armée rouge condamné à la déportation, dont L’Archipel du Goulag, publié à Paris en 1973, imposa à l’Occident la réalité de cet univers concentrationnaire qu’il ne voulait pas voir ? Jean-Paul II, le pape slave du « N’ayez pas peur ! », qui en 1979, devant des foules immenses, osa défier le régime soviétique – « Ouvrez, ouvrez les frontières des Etats ! » - et traça la route à l’épopée de Solidarnosc et de Lech Walesa ? Ronald Reagan, le président de la « guerre des étoiles » et de la course aux armements, qui, un jour de juin 1987, devant la porte de Brandebourg, ne craignit pas d’ordonner (deux ans plus tard, c’était fait) : « Monsieur Gorbatchev, abattez ce mur ! » ? Question vaine, question absurde. Il fallait que s’unissent la puissance de l’esprit, celle de la foi et celle des armes pour triompher d’un système totalitaire qui se prétendait scientifique et qui le fut – dans l’usage de la terreur. Il fallait que trois géants, incarnant trois hautes figures de la destinée humaine – l’écrivain, le prêtre, le guerrier – conjuguent leurs efforts pour mettre à bas la sanglante utopie. A ces trois hommes-là, le monde « libre » sait-il vraiment ce qu’il doit ? Derrière l’émotion d’un anniversaire historique, les entendrons-nous ? Il n’y a pas de « sens de l’Histoire ». Rien n’est jamais écrit. Ce message de courage ne vaut pas que pour hier.
Et pourtant le monde contemporain est en plein désarroi, un désarroi collectif.
Bien sur le Moyen-Orient demeure une des zones géographiques les plus dynamiques de la planète, où les frontières peuvent encore changer spectaculairement et les alignements stratégiques des diverses puissances en jeu se renverser d’un coup. Nous sommes évidemment à la veille d’un bouleversement de ce genre. D’un côté en effet, nous avons assisté en direct au début de la grande mutation iranienne, de l’autre, de façon moins visible, on constate l’ampleur et la difficulté à résoudre le problème que posent les mouvements islamistes palestiniens…
Mais il n’y a pas que ça.
Le danger pour nos démocraties, c’est aussi la placidité avec laquelle la majorité d’entre nous acceptent de voir se limiter nos libertés chèrement gagnées. Et si notre société n’obéit qu’à trois mots d’ordre : la mondialisation, le sexe et le néant, le citoyen modèle, tend à devenir un consommateur satisfait et préoccupé par ses seules affaires personnelles plutôt qu’un législateur éclairé. On se paye de mots en parlant de multiculturel, alors qu’en vérité le terrorisme intellectuel perdure, et que personne n’accepte l’autre sans sa différence. Le pouvoir médiatique est tel qu’il est devenu un pouvoir absolu qui étouffe notre vie intellectuelle et maintenant morale.
Sans parler de ce principe de précaution qui a depuis longtemps dépassé ses limites, il est devenu cynique et amoral au point d’illustrer la folie du monde…
En démocratie le risque s’appelle la dérive moralisatrice et nous y sommes.
Que ces hommes qui sont morts en 14-18 / 35-45 – et ailleurs, ceux qui ont ouvert la brèche à Berlin, que ces femmes qui se sont battues, qui sont mortes ne le soient pas pour rien. Ils croyaient en la France, ils croyaient en la liberté, ils croyaient en la responsabilité, ils avaient envie de la vie.
Les valeurs comptaient pour eux, les mêmes qu’il faut restaurer aujourd’hui. Toutes les valeurs, il faut re-sacralisés le monde pour rendre aux hommes le moyen d’éviter le pire, rechercher la marque sacré, des valeurs, dans les textes et autres réflexions rationnelles relatives au monde contemporain et montrer que toutes ces valeurs, tout ce sens sacré de l’individu, de l’homme est nécessaire pour contenir la violence, et ce qui n’est pas forcément l’ennemi de la raison.
Attention, la république est fragile !
Car la vérité, c’est aussi cet avilissement de notre démocratie, la vérité c’est aussi ce déclassement lent mais régulier de la France dans notre continent et dans le monde.
Il faut stopper l’indifférence morale d’une société tout entière jusqu’ici, jusque chez nous.
Il faut oser dire non comme le Général de Gaulle à l’époque : « la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas », nous y sommes il faut encore résister.
Vous pouvez compter sur nous.
Je vous remercie.
Dr Jacques Chabal Maire du Cheylard Conseiller général de l'Ardèche
|| aucun commentaire
L’ouvrage de Didier Vincent est une biographie d’Henri Charrière, historique, sociale et psychologique très bien documentée. Il retrace son enfance heureuse en Ardèche, que rien ne prédestinait à une vie aventureuse dans le « milieu parisien », en passant par les années de détention dont 13 au bagne de Guyane, jusqu’à l’écriture de son livre « Papillon ».










