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A quoi servent les députés ?

Pour préserver son rôle politique, le député français se mue en prestataire de services de proximité…dommage pour la République. Les assemblées parlementaires sont devenues le maillon faible du système politique. Chacun met en évidence leur «déclin» puis cette envie de « revaloriser » leur rôle. Pourtant, le député reste considéré comme l’acteur clé de la vie politique française. De plus, la décentralisation via l’essor des Régions, l’intégration européenne, l’irruption de la démocratie participative et du dialogue civil dans la politique n’ont entaché le crédit des parlementaires. Du côté des scrutins, la compétition entre les prétendants s’amplifie et la participation se maintient à un niveau très honorable.

Il ne faut pas ralentir le rythme des réformes !

Et pourtant !!! (suite du livre du mois de mars 2007)

Selon Michel Godet, il faut garder le rythme des réformes. Le Président Sarkozy court après les réformes, et les médias comme les partenaires sociaux ont de la peine à suivre un président qui est sur tous les fronts à la fois et en ouvre de nouveaux (régimes spéciaux, statut des fonctionnaires) quand la volonté de réforme rencontre un obstacle. Fort de ses premiers succès extérieurs (traité simplifié européen, libération des infirmières bulgares), on pouvait profiter de l’Etat de grâce et tenir les promesses du candidat : on allait réformer l’université, instaurer le service minimum dans les services publics et réduire le train de vie de l’Etat en ne remplaçant qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Les syndicats s’inquiètent…les réformes, il veut, il peut, il va les faire ! on va bientôt savoir si la détermination du président l’emporte sur celle des grévistes.

Productivité : la France bien classée…oui mais…

Durant une période de quatre ans, de 2003 à 2006, des experts en mangement attachés au cabinet londonien Proudfoot Consulting ont mené une enquête sur la productivité de 250 entreprises dans 38 pays. Les résultats bruts placent la France en tête de la productivité, suivie de l’Australie et des Etats-Unis. Une nuance est à noter : d’une année à l’autre la performance française se dégrade. Les consultants anglais soulignent que « depuis 2003, on note une augmentation notoire du temps de travail improductif en France. » Il ne s’agit pas de vilipender encore les 35 heures, mais bien de mesurer le temps perdu au sein de l’entreprise.

Continuer l’Histoire

d’Hubert Védrine

C’est un essai alerte et irrité. Le résultat d’un long travail mélangeant réflecion personnelle, de lectures et d’entretiens avec nombre d’experts. « la France doit-elle changer de posture, d’idées face à la mondialisation ? » telle est la question centrale du livre de l’ancien secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand devenu Ministre des Affaires étrangères sous la cohabitation Chirac-Jospin. Pour lui les occidentaux ont cur trop vite qu’ils avaient gagné la bataille de l’Histoire et que leurs valeurs s’imposeraient partout. Les Américains se cognent à la douleur de la puissance relative et les Européens ont du mal à sortir de l’ingénuité. En lieux et place d’une communauté internationale c’est un monde violent et instable qui émerge, bien plus hasardeux encore que les tentatives de descriptions multipolaires.

Premières pistes de réformes pour l’école maternelle

Privilégier l’expression orale et une meilleure formation des maîtres : mots clés pour l’éducation. Alain Bentolila, linguiste missionné par Xavier Darcos sur le sujet, regrette que l’école maternelle « ne réduise pas les inégalités sociales du départ. Sa valeur ajoutée est faible ». Selon lui, « 97% des enfants en difficultés dès le plus jeune âge le seront toujours au collège ». Pour y remédier et ne plus voir devenir des maternelles comme des « garderies », il s’apprête à remettre une quinzaine de propositions.

SIDA, voici la réalité…fatalisme : Toujours pas de vaccin

La Journée mondiale contre le sida, le 1er décembre, permet chaque année de faire le point sur l’épidémie et les moyens de la combattre. Deux constats sautent aux yeux, l’un thérapeutique, l’autre épidémiologique. Concernant, la thérapeutique, on ne peut qu’être frappé de l’enrichissement continu de la panoplie médicamenteuse (les avancées liées à la vaccination étant remises à plus tard). Près de 25 médicaments antirétroviraux sont actuellement commercialisés et plusieurs s’apprêtent à les rejoindre : nouveaux inhibiteurs de la protéase, nouveaux inhibiteurs nucléosidiques ou non nucléosidiques de la transcriptase inverse, mais aussi nouvelles classes thérapeutiques : inhibiteurs de fusion, inhibiteurs de l’intégrase, antagonistes des co-récepteurs CCR5, sans compter les améliorations galéniques concernant les médicaments les plus anciens (l’an prochain un traitement consistant en un seul comprimé à prendre par jour sera même proposé !).

L’Europe après 2005 et le nouveau traité : Histoire et devenir ou Pourquoi et Comment ?

Selon Alain-Gérard Slama, derrière l’objectif de la paix affirmé par les pères fondateurs de l’Europe se profilait celui de la préservation des libertés démocratiques. Une construction de l’Europe dans la ferveur aurait été préférable. En effet, que chacune de ses grandes étapes soit notée par une consultation référendaire de tous ses citoyens. On aurait préféré, insiste Alain-Gérard Slama, un grand projet mobilisateur aux thèmes défensifs des campagnes électorales du Parlement européen, résumé dans la formule minimaliste de Jacques Delors sur « le coût de la non-Europe ».

En Hollande, les soins palliatifs prennent le pas sur l’euthanasie

Les Néerlandais sont les premiers au monde à avoir légalisé l’euthanasie, en 2002. Les soins palliatifs sont-ils une alternative à l’euthanasie ? Cinq ans après l’entrée en vigueur de la loi sur l’euthanasie aux Pays-Bas, une évaluation montre que les médecins l’appliquent de moins en moins. En revanche, les patients en phase terminale choisissent de plus en plue de prendre des sédatifs jusqu’à ce que survienne la mort naturelle. D’après une majorité de médecins, la baisse des cas d’euthanasie est clairement liée à l’amélioration des soins pour les malades en phase terminale, observe le ministre de la santé, Jet Bussemaker.

Bientôt, après les municipales de 2008…

… il faudra bien REFORMER la France et l’Etat français

« Reformatage des ministères, redéfinition de l’architecture territoriale de l’Etat, allègement des contraintes qui pèsent sur les entreprises, simplification des démarches administratives imposées aux particuliers : les premières décisions sont à la hauteur de l’enjeu. Mais les vraies difficultés commenceront quand seront examinés les « gros » ministères et les « grandes » missions, dévoreuses de budget : la Santé (et la carte hospitalière, qu’il va bien falloir réviser) ; le Social (et le maquis d’allocations où il faudra trancher) ; l’Emploi (et les allègements de charges, aussi coûteux qu’inutiles) ; l’Education (dont les effectifs sont inversement proportionnels à l’efficacité) ; la Défense (et ces régiments que la guerre froide ne justifie plus).

La Balance commerciale ou la Balance des émotions…

« Le commerce est une guerre d’argent », disait Colbert

En dix ans, le solde de nos échanges s’est inversé : il est excédentaire de 25 milliards, il est désormais déficitaire de 35. Un déficit qui s’ajoute aux autres et traduit, outre les effets de la hausse du pétrole et de la baisse du dollar, les faiblesses de la compétitivité française. Les deux-tiers de nos échanges se font avec l’Europe, où nous perdons des parts de marché, tandis que l’Asie (60% du commerce mondial) représente notre plus gros déficit. Plutôt que d’entretenir la peur de la mondialisation, mieux vaudrait, dit Hubert Védrine, accroître nos capacités exportatrices, parce que c’est la seule voie de l’innovation et de la compétitivité. L’ « impératif politique et industriel »est de faire de l’exportation à l’Est, en Asie et en Orient, comme le préconise Olivier Dassault, rapporteur spécial de la commission des finances pour le commerce extérieur. L’Asie a montré l’exemple : ses échanges ont tiré sa croissance. Vingt ans auparavant, des pays comme la Corée du Sud, Taïwan ou Singapour étaient des pays émergents, de nos jours, ils sont nos fournisseurs et nos concurrents. Sarkozy l’industriel l’a bien saisi.