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DROIT DU TRAVAIL, HLM : QUAND LES JUGES FONT LA LOI…

… Quel rôle reste-t-il aux députés ?

Suite aux décisions de justice notamment par rapport aux CNE (voir billet précédent). Nous en sommes là. Des décisions de justice comme celles rendues par la cour d’Appel de Paris contribuent à faire de la France une société immobile dans un monde en mouvement, un exemple de réalité où l’innovation économique et sociale est découragée, quand elle n’est pas interdite.

Jadis l’éternel mot d’ordre « on n’a jamais fait comme ça » devait au moins s’assumer comme tel et s’exposer aux railleries des esprits frondeurs. Aujourd’hui, il peut se déguiser en raisonnement juridique et intimider ainsi les contradicteurs.

Chaque Français consomme 2 500 euros de soins par an

Soins hospitaliers, consultations des médecins, dentistes, kinés, infirmiers et autres orthophonistes, analyses biologiques, cures thermales, transports sanitaires, médicaments, lunettes, pansements…La ‘’consommation de soins’’ a représenté, en 2006, 2 477 euros par Français. Soit, au total, 156,6 milliards d’euros. Si l’on ajoute les indemnités d’arrêt de travail, la recherche et l’enseignement médical, la prévention collective et la gestion du système de santé (assurance-maladie, complémentaires, ministère de la Santé…), la « dépense courante de santé », hors investissement, frôle les 200 milliards d’euros, selon les chiffres publiés hier par la Direction des étude (Drees) du ministère. Cela représente 3 138 euros par habitant.

Retour sur la rentrée 2007 (II)

Le président de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte, fustige ‘’le laxisme généralisé’’ à l’école. Il se livre également à une critique en règles du baccalauréat. En effet, il se sent concerné car après les jeunes, les universités sont les premières victimes de la dégradation du bac. Beaucoup d’étudiants, selon lui, ne sont pas à leur place. Le bac est le sésame pour l’université mais celui-ci est devenu un mensonge : 83,3% des lycéens l’ont obtenu en 2007 et le taux de réussite au bac général atteint 87,6%. Ce résultat enlève toute valeur à celui-ci. On ne peut croire qu’il sanctionne un niveau sérieux de connaissances. Depuis les années 60, on confond démocratisation et massification de l’enseignement. Ainsi, une partie des Français et quelques syndicats se bercent d’illusions en pensant que la massification en l’absence de sélection est une avancée démocratique. Seule la méritocratie est juste. Elle se repose sur l’effort valorisé, encouragé, aidé par la société et en particulier l’Etat.

Retour sur la rentrée 2007 (I)

De l’école à l’enseignement supérieur : illettrisme, ‘’laxisme’’, ‘’facteur d’insécurité intellectuelle’’ … Xavier DARCOS, ministre de l’Education nationale, orchestre une rentrée calme sur le front des polémiques et de la grogne enseignante. Mais un rapport du Haut conseil de l’Education (HCE) sur les mauvais résultats du primaire ravive le malaise : si 60% des élèves sortent de l’école primaire plutôt bien formés, c’est bien loin d’être le cas des 40% restants, voués à un échec quasi certains lors de leurs futures études. Pour le HCE, pas moins de 4 écoliers sur 10, soit environ 300 000 élèves, sortent du primaire avec de graves lacunes. Chaque année, l’école fabrique 70 000 illettrés. Ainsi, l’école n’a pas été jusqu’où elle pouvait aller. Elle n’a pas évalué ses méthodes, ni montré l’exigence qui s’impose. Plus tard dans les études supérieures, beaucoup d’étudiants avouent, d’après l’expérience d’Alain Bentolila, professeur de linguistique à l’université de Paris-V-Sorbonne et auteur de URGENCE ECOLE, le droit d’apprendre, le devoir de transmettre (Editions Odile Jacob), s’être toujours sentis en insécurité intellectuelle et linguistique, n’ont pas confiance en eux, pas de prise sur leur vie. On a beaucoup glosé sur la supposée frilosité et la supposée paresse des jeunes au lieu de voir que le mal venait d’ailleurs. Des professionnels de l’enseignement s’alarment. Dans un pamphlet Stop à l’anarque du bac (Oh !Editions), Jean-Robert Pitte, président de l’université Paris IV, dénonce la baisse du niveau de la maternelle au bac. Alain Bentolila s’indigne également en constatant que le niveau ne monte pas et le socle déficient est l’école élémentaire. Il remarque l’oubli de la mission de l’école maternelle : préparer l’enfant pour le CP, en s’assurant qu’il a une certaine maîtrise de la langue orale et possède suffisamment de mots à son vocabulaire. Faute de quoi, il sera déjà handicapé pour apprendre le langage écrit. De plus, à chaque rentrée scolaire, une pluie de livres critiques inonde les librairies. Tous tournent autour du sujet des méthodes d’apprentissage de la lecture. Alors, un problème lourd se lit dans cette tour de Babel livresque : l’illettrisme.

La DEMOGRAPHIE au crible des QUESTIONS DE SOCIETE ACTUELLES

Il ya peu de temps la démographie était relativement simple : nuptialité, fécondité, mortalité, pouvaient varier dans le temps et l’espace, avec la culture, l’économie, la politique.

Ceci reposait sur des principes fondamentaux quasi immuables.

A) Evolution des mœurs

L’homme et la femme avaient des rôles distincts (notamment de reproduction pour la femme) et le mariage fondait la famille.

La vieillesse conduisait progressivement à la mort, sauf maladies ou accidents.

Rien de tout cela n’est plus actuellement tout à fait vrai.

Le sexe, jadis porteur de rôle sociaux bien déterminé, est de plus en plus réduit à sa fonction biologique. Et relié à la nouvelle revendication des femmes, l’égalité des droits, cela approfondit le facteur premier des bouleversements.

Le couple et la famille : Le mariage n’est plus le seul mode de mise en couple. Mariages civils, mariages religieux, cohabitations, couples non cohabitant, couples homosexuels… (avec le problème de la reconnaissance de toutes ses unions). Tout ceci influence la dynamique de la population et notamment la baisse de la fécondité.

Le divorce : De droit ou de fait, il a une incidence en pleine évolution.

Famille recomposée et revendication de l’homoparentalité.

Démographie médicale : une politique aux effets limités

L’arsenal d’aides financières, d’adaptation de la formation et de mesures incitatives sur les conditions d’exercice (médecine de groupe) n’a qu’une « influence modérée sur la réduction des inégalités territoriales » en matière de démographie médicale. A long terme, l’impact est même « très faible », affirme l’Irdes (Institut de recherche et de documentation en économie de la santé. Etude disponible sur le site www.irdes.fr), étude sur les mesures à améliorer la répartition démographique. Et pourtant, la densité médicale est à son « plus haut niveau historique ». C’est sans doute parce que la modulation régionale du numerus clausus et l’augmentation continue du nombre de médecins formés n’ont pas eu l’effet escompté, que l’Etat, les régions et l’assurance maladie ont considérablement élargi leur panel de mesures de régulation.

Le Prince au miroir des médias. Machiavel 1513-2007

Machiavélique depuis près de 5 siècles le terme ne cesse d’être employé et le plus souvent dans un sens polémique et critique. C’est l’oeuvre d’un secrétaire florentin boudé par les Médicis qui a inspiré bon nombre de ceux qui ont tout fait pour conquérir et conserver le pouvoir. Quel est le sens du machiavélisme en ce début du 21ème siècle ? C’est la question que pose Jacques Rigaud partant d’un long parcours alterné entre les cercles du pouvoir et des médias. En effet, il a passé vingt ans au Conseil d’État, puis a dirigé le cabinet de Jacques Duhamel, ministre de la Culture, également PDG de RTL. Il est aussi l’auteur de plusieurs livres, dont Le Bénéfice de l’âge (Grasset, 1993) et L’Exception culturelle (Grasset, 1997).

Démographie française : mutation et nouvel avenir

L’évidence démographique pour un pays, pour une société est un des plus forts paramètres d’espérance pour un avenir. Elle lui permet de transgresser ainsi le temps et même l’espace.

La population française a muté, mais peu s’en sont aperçu car les experts sont toujours prisonniers des vieux schémas. 4 exemples récents illustrent ce blocage. L’immigration d’abord. Au moment où elle focalise le regard et les inquiétudes, personne ne semble avoir remarqué le développement d’une forte émigration. La comparaison des structures par âge des deux derniers vrais recensements 1990, 1999, fait apparaitre un creux important entre les âges de 20 et 30 ans. L’INSEE n’a pu fournir de preuves et de réflexion. En résumé la France est devenue une victime de la fuite des cerveaux.

Autre chimère, celle du fameux vieillissement de la population. Certes la proportion de personnes âgées de plus de 60 ans augmente depuis 1 siècle. Mais à mesure que la longévité s’accroit, la santé des personnes s’améliore. L’espérance de vie en bonne santé augmente en effet aussi rapidement au moins que l’espérance de vie totale, ce qui signifie la période de vie en mauvaise santé tend à diminuer ou à pire à se stabiliser. Ainsi, la proportion de personnes en mauvaise santé, notamment en phase terminale de leur existence diminue-t-elle. La croissance de 70 % des dépenses de santé depuis 10 ans ne vient pas du vieillissement mais d’un recours plus fréquent à des techniques médicales assez coûteuses qui se diffusent largement.

3ème mutation inattendue : la fin de la désertification rurale. Les deux premières enquêtes annuelles de l’INSEE montrent que depuis 2000, la population s’accroit le plus rapidement dans les communes rurales. Jusqu’alors le territoire vivait au régime de l’étalement urbain. La population s’installait en bordure des grandes agglomérations, dans la frange dite périurbaine, tandis que le rural profond continuait à se dépeupler, particulièrement, « dans la diagonale du vide », (des Ardennes aux Pyrénées).

Tout ceci est fini, le repeuplement s’amorce vivement un peu partout, plus nettement dans le Sud mais aussi dans des endroits à priori moins attractifs (Les Ardennes ou le Limousin).

LES JUGES, LA VIE, LES LOIS… ou « L’économie jugée »

Le CNE est mort, il a été tué par la cour d’Appel de Paris, qui dans une édifiante leçon d’économie rendue au nom du peuple français a jugé « paradoxal d’encourager les embauches en facilitant le licenciement ». Oui, paradoxalement…comme l’économie paraît simple soudain vu du fauteuil des juges ! Croyait-on avoir tout essayer pour lutter contre le chômage ? Erreur ! On avait oublié de demander leur avis aux magistrats de la cour d’Appel.

Car ils en ont un d’avis, aussi limpide qu’un principe général du droit : « dans la lutte contre le chômage, affirment-ils, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier ».

A suivre un tel raisonnement on en viendrait à interdire les licenciements pour supprimer le chômage. On se souvient, il y a 10 ans, de cet arrêt fameux de la cour de Cassation qui, des années après les fêtes avait annulé le plan de licenciement de la Samaritaine et imposé la réintégration des employés.

DEMOCRATIE PARTICIPATIVE, REPRESENTATIVE, D’OPINION …

Quel beau débat, mais la réalité est toute autre.

Avant l’élection présidentielle 2007, tous les experts comme d’habitude unanimes, se plaisaient à dire la démocratie représentative a « du plomb dans l’aile ». D’abord parce que nos représentants, pour la plupart des hommes sont peu représentatifs, ensuite parce qu’une bonne partie du corps électoral, celui qui vote pour les extrêmes étaient délibérément exclu, enfin et surtout parce que le Parlement est devenu une sorte de théâtre d’ombres. La majorité est aux ordres de l’exécutif, tandis que l’opposition s’égosille en vain.

L’heure de la démocratie participative, avec ses débats participatifs, ses jurys citoyens, et ses référendums serait peut être le remède miracle à tous nos maux.

Enfin une nouvelle étape de la décentralisation serait nécessaire et cette phase 3 de la décentralisation serait de mettre l’accent sur une nouvelle gouvernance locale, l’ancienne gouvernance n’ayant pas tenu ses promesses.