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La position de la France face à l’islam. (2/3)

Jean-Pierre Le Goff insiste sur le fait que l’islam ne doit pas être un bouc émissaire. Mais, les questions portant sur la séparation du pouvoir politique et de la religion, sur la place de la femme dans la société doivent pouvoir être abordées sereinement. A travers nos « principes républicains », il souligne que la France ne doit « pas céder ni sur le port du niqab dans l’espace public ni sur le refus de consultation de médecins masculins pour les femmes. »Selon lui, le problème ne doit pas être l’islam mais ce que nous jugeons compatibles ou non avec les valeurs de nos sociétés démocratiques ». Il nous amène alors à « être conscient de notre héritage historique quelles que soient ses ambivalences, être fiers de ses acquis et les faire valoir. » Il nous montre aussi que les nouvelles générations ont été « élevées dans un temps de paix imprégné d’une vision angélique des droits de l’homme. » Celle-ci s’est confrontée, ces dernières années, au « fanatisme et à la barbarie ». J.-P. Le Goff parle de cette peur du conflit qui « ne doit pas empêcher d’aborder les problèmes de civilisation », ce qui nous a amené « de l’arrogance à la déprime »et cette perte de la « juste estime de soi ».
Ceci est un des facteurs de la destruction de la société ?
Le sociologue insiste sur d’autres facteurs expliquant également cette destruction de la société, une « destruction anthropologique » : la combinaison du chômage de masse et la décomposition de la famille. Il va plus loin en parlant que la « crise remet en cause « l’idée d’une humanité réconciliée dans une forme de mondialisation économique heureuse ». Selon lui, la « construction européenne » doit être reprise en main par les politiques. Une Europe fédérale ? Non, mais « une meilleure articulation entre la nation et l’Europe. » Il lit une certaine lassitude des concitoyens face à cette nécessité de changement : « Changement, peut-être, mais pour quel avenir ? » J.-P. Le Goff accentue cette idée de lassitude de changement lorsqu’il voit « se décomposer l’ancien sans voir sur un plan d’ensemble se reconstituer une dynamique historique nouvelle. »
Ce doute explique-t-il la popularité de Jean-Luc Mélenchon ?
D’après le sociologue, Mélenchon profite de cette « langue de caoutchouc » que manient la gauche et la droite depuis une décennie. Il « s’engouffre dans le fossé qui s’est creusé entre les élites et le peuple ». Mélenchon « surfe »sur les regrets d’une France qui vivait sur les trente Glorieuse et surtout la lutte des classes ».
Optimisme ?
J.-P. Le Goff se dit « un pessimiste actif », se rappelant la citation d’Antonio Gramsci : « allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté. »
Il reste pessimiste en constatant que « tout semble devenir ‘’gérable’’ et insignifiant comme le rapport au corps, la sexualité, l’éducation … ». Pessimiste aussi, «Quand le principe de précaution l’emporte davantage pour les plantes et les animaux que pour l’humain.» C’est à travers ces constats qu’il parle de « déstructuration, de barbarie douce ». Mais l’important, selon Mr Le Goff, est « de savoir à quoi l’on tient, et ce que l’on veut transmettre. »
Optimiste d’esprit quand il observe « les réserves d’humanité des personnes directement confrontées à la condition humaine et aux limites du possible, comme les professions de santé, les entrepreneurs, les travailleurs, les bénévoles… »
Il termine en soulignant que « nous vivons, non pas une période décadente, mais un moment critique de l’histoire. » Il ouvre sa réflexion sur l’état de la société en ayant « une vision gaullienne qui veut que la France s’en sorte toujours par le haut. »

Le Figaro, avril 2012, Interview de M.-L BONAVITA auprès de J.P Le Goff

Une réponse de “La position de la France face à l’islam. (2/3)

  1. Jean-Christophe Destailleur

    L’islam ne doit en effet pas être un bouc émissaire. Pour autant l’islam doit effectuer son siècle des lumières, certaines sourates (ex Coran 2;193 « Combattez les infidèles jusqu’à leur soumission et que seul l’islam règne ») étant en contradiction totale avec les valeurs de la République.

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