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« L’EUROPE EST PRISE DANS UN CERCLE VICIEUX » SELON GEORGE SOROS

«… La Banque centrale a soulagé le secteur bancaire, grâce aux mesures exceptionnelles de refinancement à long terme mises en place depuis l’automne 2011. Elle a calmé temporairement la crise. Mais cette initiative risque aussi malheureusement d’être contre-productive à moyen terme : en effet, il y a dans ces mesures une très forte incitation pour les banques à racheter des titres de dettes des pays dont elles sont originaires. On assiste à une forme de renationalisation des économies : si ce mouvement devait se poursuivre, cela signifie que la sortie d’un Etat de la zone euro pourrait se produire sans que cet évènement se traduise par une catastrophe généralisée. Pour des pays qui se trouvent en grande difficulté économique, cela risque de renforcer la tentation de revenir à une monnaie nationale.
Que la zone euro explose ou non, la politique d’aujourd’hui imposée par l’Allemagne aux autres pays européens l’a fait rentrer dans une spirale déflationniste où la dette et la récession s’alimentent l’une l’autre, et dont elle mettra longtemps à sortir. L’Europe s’oriente vers une longue période de stagnation, comme en a connu par exemple l’Amérique latine dans les années 1980, ou le Japon dans les années 1990.
Berlin impose aux pays du Sud une politique d’austérité budgétaire drastique. Cette politique pourrait à la limite fonctionner si elle était compensée par une augmentation de la demande dans les pays en meilleure santé, comme l’Allemagne justement. La Bundesbank mène au contraire dans son pays une politique de restriction de l’accès au crédit !
La conséquence est évidente : du fait d’un manque de croissance, les pays du Sud vont être incapables d’atteindre leurs objectifs de réduction du déficit, et alimenter ainsi la défiance des marchés.
L’Europe est prise dans un cercle vicieux dont il sera très difficile de sortir.
Le problème peut être résolu. L’idée est qu’on ne peut pas uniquement punir les pays qui se comportent mal, mais qu’il faut aussi récompenser ceux qui atteignent leurs objectifs de réduction des déficits.
Peut-être faudrait-il créer, au travers de la BCE, une holding qui pourrait prêter aux bons élèves à moindre coût. Cela pourrait se faire sans violer les traités. Encore faut-il que l’Allemagne soit prête à sortir d’une vision exclusivement punitive des choses, ce qui serait pour elle une sorte de conversion.
La Bundesbank est, dans le monde moderne, ce qui se rapproche le plus d’une institution religieuse.
Dans la crise de la zone euro, les marchés ont mis longtemps à comprendre que la solution imposée par l’Allemagne n’était pas la bonne. Au début de la crise grecque, au printemps 2010, les remèdes apportés par les dirigeants de la zone euro ont suscité une forme de soulagement. Les marchés sont loin d’être totalement efficients. Il faudrait repenser la théorie économique pour intégrer les imperfections du marché et des régulateurs.
Nicolas SARKOZY a formé durant cette crise un tandem avec Angela MERKEL. Ils ont une vision différente, mais lorsqu’il y a eu conflit entre les deux, SARKOZY s’est toujours incliné. Pour une simple raison : La France est plus faible économiquement, parce qu’elle n’a pas fait des réformes de structure que l’Allemagne a réalisées.
Cet équilibre ne va pas bouger, quel que soit le prochain Président français… »

By Benjamin Masse-Stramberger in « L’Express » du 25 Avril 2012 (résumé d’u interview)

Le blog : Savoir chercher la vérité derrière les apparences, imaginer la réalité future après avoir compris les propositions et les mises en route de projets, comprendre d’où l’on vient, mieux saisir où l’on va, comment et avec qui : voici une réflexion qui nous mène loin……et saluons la synthèse…….en quelques phrases.
Chapeau Messieurs !

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