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Bonnes vacances...

C'est l'été, les "vacances", moments propices à la lecture, à la réflexion, à la prospective... Vous l'avez compris, votre blog vous donne rendez-vous dès le 1er septembre 2011 avec de nouveaux articles, plus synthétiques encore, pour faire de la vraie politique...comprendre notre actualité et déjà voir se dessiner le monde.

Toute l'équipe du blog-politique.net vous souhaite d'agréables vacances.

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Vaccination inutile !? La grippe en 2009…

"Un rapport de 748 pages, établi à partir de 52 auditions, de 75 personnalités différentes et 42 propositions. La commission d’enquête « sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) », créée le 24 février dernier, a bien travaillé. Il ne s’agit pas de nier l’évidence, souligne le rapporteur : le bilan de la campagne n’est pas satisfaisant. Environ 8,5% de la population a été vaccinée, pour un objectif de 70 à 75%. Le coût a été de 670 millions d’euros. Les généralistes ont eu le sentiment d’être exclus d’une opération de santé publique. Petite consolation, les autres pays de l’Union européenne n’ont pas fait mieux : 10% de la population vaccinée en Allemagne, 7,4% au Royaume-Uni et 1,4% en Italie. Seule exception, la Suède, avec un taux de vaccination de 64,5%. A noter que le millier de centres de vaccination mis en place, en tout état de cause, n’aurait pas permis de vacciner tous les Français qu’en un an environ. Les incertitudes sur le virus, qui s’est rapidement révélé moins dangereux que prévu, justifiaient-elles l’application du principe de précaution ? Il est certain que le message de santé publique délivré par le gouvernement a été perdu « dans le brouillard médiatique ». La commission d’enquête propose que les Etats européens adoptent une définition commune de la pandémie. Et que les procédures de négociation avec des laboratoires soient plus rigoureuses. Jacqueline Fraysse (Gdr, Hauts-de-Seine), vice-présidente de la commission, qui s’est abstenue sur le rapport, explique dans une contribution annexe que le refus des responsables de l’OMS de venir s’expliquer devant la commission d’enquête, ne peut qu’entretenir des doutes quant à l’indépendance de l’organisation mondiale vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique."

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Sociologie de la drogue et des drogues…

Par Henri Bergeron la découverte, 2009,123 pages

"Ancien membre de l'observatoire européen des drogues et des toxicomanies le sociologue Henri Bergeron se consacre aux pratiques médicales et à la santé publique. Il s'interroge plus particulièrement sur l'usage de drogues, c'est-à-dire les substances illicites par opposition aux psychotropes autorisés comme l'alcool.

Dans la première partie qui décrit la « révolution psycho active » de la fin du XIXe siècle, qui désigne l'émancipation des usages de drogues par rapport au cadre de régulation sociale, suivie d'une démocratisation et d'une diversification des substances au XXe siècle. Outre les arguments économiques, le désir de socialisation et d'adaptation, et celui d'améliorer ses capacités peuvent expliquer ces usages.

Les deuxième et troisième partie s'intéresse aux comportements des consommateurs de drogue. Elle s'attache à invalider des théories répandues qui tendent à uniformiser les comportements. Nuançant les thèses épidémiologique neuropsychiatriques, la sociologie révèle l'utilité sociale, plus qu'individuelle, de la consommation, et la capacité de contrôle et de jugement dont font preuve les usagers, invoquant le contexte de consommation plutôt que des prédispositions psychologiques et les caractéristiques victimes des substances.

Les toxicomanes ne répondent pas à des stratégies de lutte contre une domination structurelle. Quand au trafic de drogue, il est loin d'être uniforme, ses acteurs agissent, selon les lieux, de façon informelle ou professionnalisée. La relation de causalité entre toxicomanies et délinquances n'est pas non plus toujours vérifiée. Enfin la dernière partie éclaire les politiques publiques menées actuellement face à la drogue, au regard des conceptions de la drogue de ces usages qui les sous-tendent. Les actions publiques aux États-Unis se fondent sur l'état pénal. En Europe, l'approche, appuyée sur les arguments médicaux et sanitaires se juxtapose à la logique pénale. Souci de sécurité sanitaire et protection de l'espace public devrait continuer à présider à la régulation politique et au contrôle social de l'usage de drogues."

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Réhabilitation du jeu et de la rêverie de l’enfant

« Il faut entraîner les enfants à dire non », d’après « Place au jeu ! Jouer pour apprendre à vivre » de Patrice Huerre Le Dr Patrice Huerre est convaincu que la prévention doit commencer dès la petite enfance, et cela vaut pour toutes les formes d’addiction. « Je suis partisan de la réhabilitation du jeu et de la rêverie, plutôt que de la stimulation précoce. Arrêtons les emplois du temps trop remplis et les activités pédagogiques à tout prix ! Les enfants risquent en effet, une fois adolescents, de chercher à retrouver dans le tabac, l’alcool à haute dose derrière un écran cette excitation, qui leur donnait le sentiment d’existence. »

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Pour une écologie de la raison (1/2)

Propos de Claude Allègre et Luc Ferry

"Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), Grenelle de l’environnement, principe de précaution… : les deux anciens ministres de l’Education d »ébattent du poids de l’écologie dans notre société. Ils plaident pour une écologie de l’innovation et de la rationalité, à l’encontre de l’idéologie de la décroissance et de l’autopunition. Dénonciation du » mythe du réchauffement climatique » et des « alarmistes » : Claude Allègre : « Je ne suis pas partisan des dégagements de CO2 : ils acidifient les océans, et, à terme, nul doute qu’ils auraient une influence sur le climat. Mais, aux teneurs actuelles, il est difficile d’établir que le CO2 est la cause principale des changements climatiques. Basées sur des modèles mathématiques, ces prédictions se sont avérées fausses. » Luc Ferry : « Je crois que l’écologie pose mal les vrais problèmes auxquels nous sommes confrontés, notamment par rapport à l’entrée de l’Inde et de la Chine dans la mondialisation et la logique de la consommation à l’occidentale. D’un côté, nous avons besoin de la croissance en Europe, sans laquelle les entreprises font faillite et le chômage s’accroît. De l’autre, et ici, les écologistes ont raison, la croissance au niveau mondial n’est pas tenable…Si nous ne voulons pas de la décroissance qui détruirait nos économies, nous devons offrir à l’Inde et à la Chine des solutions qui reposent sur l’innovation scientifique et technique. Par exemple, des habitations basse consommation ou des voitures électriques. Si on imagine qu’en mettant une taxe carbone en France on va impressionner les Chinois, on se trompe ! Pour eux, le développement économique est mille fois plus important que la question du climat. » Mise en cause du Giec sur l’évolution du climat : Claude Allègre : « …Les responsables du GIEC l’ont proclamé : si nous ne sommes pas alarmistes, personne ne nous écoutera ! Sauf que le système est entrain de s’effondrer car on va vers une stabilisation et un refroidissement. Ces gens ont érigé le consensus en principe, la pire des choses en science et ils se sont trompés ! Je crains que la science n’en fasse les frais ! Il aurait mieux valu dire qu’on ne connaît pas bien le rôle des nuages et de l’océan et qu’on ne peut prédire l’avenir. Et que par précaution, il est souhaitable de mieux contrôler l’émission de CO2 dans l’atmosphère. … Cette attitude alarmiste relève d’une démarche clanique, comme vient de le montrer la pétition lancée contre moi qui a été condamnée par de nombreux intellectuels….Est-il nécessaire qu’il y ait un Giec qui décide la vérité transformée en dogme international ?... Alors que les Américains ont foi en l’idée que l’Amérique va résoudre les problèmes, nous, Européens, les jeunes en particulier, sommes découragés. L’idéologie de la décroissance participe de cette tendance dépressive. » Cette attitude alarmiste relève-t-elle d’une démarche idéologique ? : Luc Ferry : « Ce que dénonce Allègre procède d’un état d’esprit qui dépasse l’écologie. Nous avons assisté ces dernières années en Europe à une véritable prolifération des peurs. Peur du sexe, de l’alcool et du tabac, peur des poulets et de la côte de bœuf, peur de l’effet, de serre, des nanotechnologies, etc. L’écologie déculpabilise la peur. Une grande personne, pour parler comme Saint-Exupéry, doit être capable de quitter les parents, de ne plus avoir peur du noir et de secourir une personne agressée dans le métro. Tout cela a changé dans les années 1970-1980. Dans Le Principe de la responsabilité du philosophe allemand Jonas, il y a un chapitre qui exprime l’idée que grâce à la peur, nous découvrons les menaces qui pèsent sur l’environnement et la politique. De là le slogan pacifiste, « plutôt rouge que mort » : la peu a cessé d’être une passion honteuse pour finir par inspirer le fameux principe de précaution. En outre, l’écologisme est porteur d’une haine de la modernité qui apparaît dans les films d’Hulot où on nous fait l’éloge des « peuples naturels », comme disait Rousseau. …On idéalise les « naturels » pour mieux stigmatiser la modernité. Ce n’est pas un hasard si on retrouve chez les écolos beaucoup d’ex-gauchistes : cette idéologie est le lieu de la collusion de tous les antimodernes. » Claude Allègre : « Je montre en effet dans mon livre qu’une certaine idéologie écologiste procède de l’esprit de repentance qui s’est développé en Occident. L’homme qui a créé le Giec, l’Anglais John Houghton, est un dévot fondamentaliste. … Il ne croit pas à la théorie de l’évolution darwinienne ni à la mécanique quantique. Quant à Al Gore, qui a fait fortune dans le business de l’écologie, c’est un mystique qui fait des séjours de réflexion dans les églises baptistes.»

By Paul-François PAOLI in Le Figaro, 28 avril 2010

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Pour en finir avec la violence à l’école : une piste ?

« …Les enseignants subissent eux-mêmes des pressions hiérarchiques visant à leur faire accepter et tolérer des incivilités répétées, insolences, insultes et autres menaces. Ils sont tenus de ne pas exclure d’élèves de leur classe, de « gérer » des situations, souvent inextricables, par des méthodes pédagogues. Le vocable « répression » est même tabou, honni et banni du registre scolaire. C’est la pédagogie qui est censée éradiquer les comportements violents et trop de profs sont jugés fautifs par certains chefs d’établissement qui préfère étouffer les incivilités et accuser les enseignants d’incompétences pédagogiques plutôt que de prendre acte de la gravité des incivilités et d’appliquer les sanctions adéquates. Mais il faut reconnaître que trop de professeur se font, souvent malgré eux, les complices de ce laxisme. Ils excusent fréquemment les actes répréhensibles de leurs élèves et mettent les égarements de ces « jeunes » sur le compte d’une fragilité psychologique et sociale. Les enseignants réclament toujours plus de moyens mais ne se mobilisent guère pour rétablir leur autorité et réclamer l’ordre et la discipline au sein de leur salle de classe. Or, ce n’est pas en embauchant quelques jeunes surveillants, à peine plus âgés que les élèves et souvent issus du même quartier qu’eux, que les violences scolaires se verront endiguées. Aux parents alors de faire preuve de responsabilité à l’égard de leur enfant soumis à l’obligation scolaire et exclu définitivement d’un établissement pour cause d’insolence, de menaces ou d’agressions. L’élève « perturbateur » pourra suivre sa scolarité, certes, mais à domicile cette fois, sans nuire au plus grand nombre. Les caciques de l’Education nationale n’ont donc nul besoin de se torturer éternellement l’esprit pour éradiquer la violence scolaire. Il leur suffit d’appliquer cette mesure pleine de bon sens qu’a voulue Jules Ferry deux siècles plus tôt et toujours d’actualité. Envisager donc l’école à distance ou l’e-école comme réponse aux violences scolaires ? Pourquoi pas…Cette mesure semble parfaitement envisageable et on ne peut plus simple à appliquer… »

by Véronique Bouzou, in Le Figaro, 19 février 2010

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Oser des voies nouvelles pour la France en crise

« Puérilisation de la société », faux débats et vraies questions

« Tout paraît fermé », constate Robert Redecker (Egobody chez Fayard), parlant de l’incapacité apparente de notre époque sans âme à penser l’avenir. De fait, la « puérilisation » de la société, fascinée par le corps, le sport et la santé, la rend vulnérable face à la réalité des faillites, depuis longtemps annoncées ici, de l’Etat-providence et de sa République multiculturelle. Le silence des élites… est même devenu consternant. La France et l’Europe sont entraînées dans des mutations économiques et culturelles qui devaient mobiliser toutes les intelligences. Or, elles ont abandonné le terrain. La défense de la civilisation n’est pas un sujet. Certes, les cerveaux bouillonnent pour trouver un sens au film de Jean-Luc Godard, présenté lundi à Cannes ou pour décrypter le message des « apéros géants », qui voient des milliers de jeunes s’enivrer dans un même lieu grâce à Facebook. Mais ces évènements sont vides. … Le débat qui bégaie sur les retraites est le produit de cette intelligentsia endormie, incapable d’émettre une idée neuve tandis que tout s’écroule… et en dépit des rapports qui démontrent que le système par répartition n’est plus viable, même en travaillant plus. Semblablement, rien n’est avancé face aux déficits de la Sécurité sociale. Ces additions de charges, ponctionnées sur la feuille de paie du salarié, lui ôtent jusqu’à 50 % de son salaire brut. Elles sont une des causes de la paupérisation des classes moyennes, que le PS, mentalement momifié, prétend défendre en augmentant encore les cotisations. Or ce salaire confisqué pourrait être restitué en partie à l’intéressé », si la gauche et la droite acceptaient d’explorer d’autres solutions associant, pour la retraite, capitalisation et répartition, comme cela se fait ailleurs. Une Sécurité sociale complétée par des assurances privées serait également possible. Ces voies, qui pourraient ressembler à un social-libéralisme, effrayent sûrement davantage les gouvernants que les citoyens pragmatiques. Faudra-t-il en venir aux référendums d’initiative populaire pour bousculer l’oligarchie immobile ? Ses démissions, observables dans les non-réponses aux crises, font de l’opinion l’ultime garant du bon sens et de l’inventivité. … En tout cas, sa détermination à imposer l’interdiction totale de la burqa, (…) se veut clairement une réponse aux impatiences des Français qui disent vouloir rester maîtres chez eux. Ils rappellent au passage que leur souveraineté, sur laquelle de nouvelles minorités aimeraient s’essuyer les pieds, s’impose au pouvoir des juges, y compris ceux du Conseil d’Etat ou de la Cour européenne. Quitte à changer les lois ou la Constitution ;

S’arrêter un instant sur le Conseil d’Etat, qui a renouvelé ses réserves sur une loi antiburqa au nom du respect dû à une pratique religieuse. Il avait tenu un semblable raisonnement pour s’opposer, en vain, à l’interdiction du foulard islamique à l’école. Il est pourtant aisé de comprendre, pour qui veut, que la burqa est une marque ostensible de rejet de la société et un acte d’(allégeance à une idéologie totalitaire. Il y a donc, au cœur de la haute juridiction, un aveuglement juridique qui l’avait d’ailleurs déjà conduite à avaliser la polygamie (arrêt Mondcho, 1980) avant qu’une loi de 1993 ne l’interdise. Mais le Conseil d’Etat ne voit-il pas qu’il est devenu le cheval de Troie du multiculturalisme, cet autre échec annoncé qui accumule les conflits identitaires ? Le député UMP, Eric Raoult, réclame une mission d’information sur l’islamophobie, tandis que le président PS de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Michel Vauzelle, se dit « fier d’être le président d’une grande région musulmane » : deux illustrations du renoncement de certains élus à faire respecter la liberté d’expression et la laïcité, socle de notre contrat social. De lui, il serait temps, aussi, de se préoccuper… »

By Yvan Rioufol in Le Figaro, 21 mai 2010

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Mobilité : vers une dualité ruraux/urbains ? Déplacements locaux et nouvelles donnes

"Entre 1994 et 2008, le temps quotidien consacré par les Français à leurs déplacements locaux est resté stable (55-56 minutes), de même que le nombre moyen de déplacements par jour : 3,7 en 2008, contre 3,8 en 1994. Mais alors qu’un habitant d’une grande agglomération consacre en moyenne 50 minutes par jour à son trajet domicile-travail (aller-retour), dans le reste de la France, le trajet moyen n’est que de 36 minutes. De même, la distance domicile-travail est restée globalement identique dans les grandes agglomérations (puisqu’ils s’y côtoient logements et activités économiques), alors qu’elle continue à augmenter dans les zones plus rurales, tant pour rejoindre le lieu de travail que pour faire les courses. Dans le reste du pays, les logements étant de plus en plus éloignés des commerces et des établissements scolaires, les distances ont augmenté de 29% et 22% respectivement, et le temps nécessaire pour s’y rendre de 17% et 9%. Les ménages ruraux sont plus nombreux à posséder une voiture et ils utilisent plus souvent ce mode de transport qu’en 1994. Ils effectuent 76% de leurs déplacements en voiture (74% en 1994), et seulement 5% en transports en commun. A l’inverse, entre 1994 et 2008, dans les grandes agglomérations françaises, la voiture n’est utilisée « que » pour 55% des déplacements, et les transports en commun pour 12%. Leur utilisation diminue légèrement depuis 14 ans. Mais il reste à savoir si ces retournements de tendance par rapport au passé (caractérisé par une hausse de la mobilité urbaine avec un usage toujours croissant de la voiture) traduisent une évolution pérenne des modes de vie des urbains. Jusqu’où la mobilité urbaine peut-elle diminuer ? Dans quelle mesure le poids des différents modes de transport peut-il évoluer dans années à venir ?"

in Futuribles, janvier 2010

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Une Amérique sans usine ?

« …L’innovation est de plus en plus liée à un dialogue étroit entre chercheurs et producteurs. Pour les auteurs, les décisions individuelles des industriels sont collectivement destructrices de ce qu’ils appellent les « biens communs industriels », stratégiques pour l’avenir de la compétitivité du pays et le bien-être de ses habitants. Les recherches économiques prouvent que les délocalisations ont permis aux entreprises de développer considérablement leur chiffre d’affaires, et donc d’accroître aussi l’emploi et l’activité sur le sol américain. David Yoffie, professeur de Harvard, rappelle que, dans le domaine des composants électroniques, l’apparition de sous-traitants spécialisés dans le microélectronique à Taiwan a permis le développement d’électroniciens américains sans usine, comme Qualcomm, qui n’auraient pas vu le jour s’il leur avait fallu investir les quelques milliards nécessaires pour une usine. De même Apple s’est développé formidablement multipliant son chiffre d’affaires par plus de six, depuis qu’il a arrêté toute activité industrielle, se reposant sur ses sous-traitants chinois. Sans rejet l’intérêt de « l’outsourcing » pour des activités très banalisées, les auteurs restent persuadés que le tableau se dégrade à grande vitesse. Ils en appellent donc à l’Etat pour aider à la reconstitution de noyaux industriels. Le mouvement s’est accéléré ces dernières années, avec l’émergence de concurrents locaux, comme Huawei dans les télécoms ou Acer dans les micro-ordinateurs. La réponse est en forme de défi pour les entreprises occidentales : maîtriser l’évolution de son périmètre d’activité entre ce qu’elles gardent en interne et ce qu’elles délocalisent, ce qui nécessite de voir loin, au-delà des contraintes financières trimestrielles, et aussi raisonner en termes systémiques avec le souci de maintenir un tissu industriel de proximité, ce qui suppose de voir large. Voir loin et large alors que nous nageons en plein brouillard, voilà qui ne sera pas facile et qui n’a pourtant jamais été aussi nécessaire… »

by Philippe Escande, in Les Echos, vendredi 20 novembre 2009

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Mickael Jackson, roi jusqu’à la caricature

« …Le plus grand vendeur de disque de l’histoire a en effet achevé sa carrière noyé dans un océan de dettes, qui a également englouti l’économie américaine et mondiale mais ne l’en a pas pour autant désintoxiquée. Michael Jackson a passé sa vie dans un monde imaginaire où Peter Pan s’est perdu, culte de l’enfance et pédophilie mêlés, à l’unisson d’un nouvel homme occidental qui refuse de grandir et d’assumer sa virilité. Prêtre sacrificiel d’une religion du métissage qui nie les races mais voit des racistes partout. Il était devenu le roi talentueux d’une musique rock qui s’était dépouillée de ses origines contestataires – le combat des Noirs pour l’égalité, puis la parodie de révolution des années 60, qui avait permis aux enfants de la bourgeoise de détruire les derniers obstacles au règne absolu du marché : famille, patrie, patriarcat, hiérarchisation culturelle et moral. Débarrassé de ses « archaïsmes », le capitalisme de séduction avait pu donner toute sa mesure. Une sexualité ostentatoire concrétisée par la main entre les jambes, mais suffisant pour séduire une jeunesse mondiale déculturée. Les monstres magnifiques de Thriller annonçaient à une classe moyenne occidentale fascinée par ce spectre morbide son cruel déclassement social et historique… »

by Eric Zemmour, in Le Figaro Magazine, 4 juillet 2009

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Santé : des Américains plus raisonnables ? la réforme de la sortie de B.OBAMA (USA) (avril 2010)

"Un moment très élevé des dépenses pour des performances moyennes. C’est le diagnostic porté sur le système de santé américain par la délégation de neuf sénateurs, de tous les groupes, qui s’est rendue en Californie en septembre dernier pour étudier la réforme voulue par Barack Obama. Le rapport fait au nom de la commission des affaires sociales n’a été publié que mardi dernier, après l’adoption définitive de la réforme. Alain Vasselle (Ump, Oise), l’un des rapporteurs, rappelle les épisodes difficiles qu’a connus le texte, « qui heurte les valeurs individualistes profondément ancrées dans la culture politique américaine ». En effet, aux Etats-Unis, l’idée selon laquelle la santé serait « un droit qu’il appartiendrait à la puissance publique de garantir » n’a rien d’évident. Ce n’est que le 25 mars que le Sénat a finalement adopté le texte, par 56 vois, toutes démocrates, contre 43, selon la procédure dite de « réconciliation », introduite en 1974, pour favoriser l’adoption du budget, une procédure accélérée qui interdit à une minorité de quarante sénateurs de faire obstacle à l’examen d’un texte…Le texte a été promulgué le 30 mars. La réforme devrait permettre de couvrir 95% des résidents américains contre le risque maladie et de réduire le déficit de l’Etat fédéral de 138 millions sur les dix prochaines années. Pour rendre les assurances plus abordables pour les personnes aux revenus modestes (inférieur à 150% du seuil de pauvreté), la loi augmente le montant du crédit d’impôt qui leur est accordé. Elle réduit les pénalités applicables aux personnes aux revenus faibles et moyens qui ne souscrivent pas d’assurance et les alourdit pour les plus hauts revenus. Enfin, la pénalité applicable aux entreprises de plus de 50 salariés qui ne proposent pas d’assurance à leurs salariés est augmentée, de 750 à 2000 dollars pour chaque salarié employé à temps plein. Outre la justice sociale, la réforme propose aussi de rationaliser un système de santé, très coûteux et peu efficace. Les Etats-Unis consacrent aujourd’hui 16% de leur PIB à la santé, soit un niveau supérieur d’environ 50% à celui observé en France et le double de celui constaté au Royaume-Uni ou au Japon. La dépense de santé par habitant est proche de 7 300 dollars, alors qu’elle n’est que de 3 600 dollars en France. Or, l’Organisation mondiale de la santé a classé (en 2000 il est vrai) le système français au premier rang mondial, tandis que les Etats-Unis étaient placés seulement au 37e rang (et au 34e pour l’espérance de vie). Principales causes : l’accès inégalitaire à la santé (que la réforme devrait atténuer), mais aussi un système de soins coûteux, en raison d’honoraires médicaux très élevés (liés à la nécessité de s’assurer contre le risque d’erreur médicale). Enfin, la prévention a toujours été négligée dans le système américain. La consommation d’alcool et de tabac, l’obésité, le manque d’activité physique favorisent l’apparition de nombreuses pathologies qui pourraient être évitées sir les Américains modifiaient leur mode de vie…Yes, they can ?"

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L’homme qui a fait Mickael Jackson

« …C’est vers Quincy Jones qu’il faut se tourner. Les Beatles avaient George Martin, arrangeur et réalisation hors pair. Venu du classique, il les aida à accoucher de morceaux d’anthologie en les poussant à expérimenter. Mickael Jackson, quant à lui, put compter sur un monstre sacré de la musique noire américaine… Originaire de Chicago, trompettiste de formation, Quincy Jones a accompagné tous les développements de la deuxième partie du XXe siècle, depuis le jazz jusqu’au hip-hop.. Il fut l’un des premiers à prédire l’importance de la musique de rue, avec la pertinence du visionnaire qu’il fut. Quincy Jones avait démarré au début des années 1950 dans l’orchestre de Lionel Hampton, collaborant aussi avec son proche ami Ray Charles. Il s’installa en France en 1957, où il prit des cours avec Nadia Boulanger et Olivier Messiaen, devenant directeur artistique des disques Barclay et se liant d’amitié avec Boris Vian ou Henri Salvador. De retour aux Etats-Unis, il fut le premier Noir vice-président d’un major de disque (Mercury), avant de devenir compositeur de musiques de films à succès et arrangeur demandé (pour Franck Sinatra, Peggy Lee ou Ella Fitzgerald)… En trois albums (Off the Wall, Thriller et Bad), Quincy Jones et Mickael Jackson ont révolutionné la musique populaire. Le légendaire producteur a permis à l’artiste de s’inscrire dans une filiation musicale qui remontait jusqu’à Messiaen en passant par le jazz, la soul, le funk, la pop ou le rock. Il lui a offert également un son et une réalisation hors pair, qui ont fait de chacun des titres qu’ils ont gravé ensemble des standards encore écoutables plus de vingt ans après. Dès le début des années 1990, la star travailla avec d’autres arrangeurs, dont aucun ne sut l’emmener à nouveau vers ces sommets… Mickael Jackson a été immensément populaire sans rien sacrifier de l’exigence musicale. Il a été adulé par des millions de personnes qui ne savaient peut être rien des états de service de Quincy Jones. Pourtant, il n’aurait certainement pas pu accomplir ses différents coups de génie sans l’apport d’un musicien aussi savant et bon connaisseur des développements de la musique populaire que Quincy Jones… »

by Olivier Nuc, in Le Figaro, mardi 30 juin 2009

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Pourquoi Benoît XVI récuse « l’islamisme» ? Réflexions pour le Proche-Orient : synode à l’automne 2010

"Un « instrumentum laboris » servira de base aux débats lors d’un synode sur le Moyen-Orient réunissant tous les évêques de cette région du monde. Convoquée par Benoît XVI, cette rencontre inédite a pour objet principal de mettre à plat la question de l’avenir des chrétiens de ces pays. Et de trouver des solutions concrètes pour réduire leur diaspora vers l’Occident. Rome refuse qu’un jour la terre qui fut refoulée par le Christ soit vidée de ses « pierres vivantes ». Une phrase, « l’occupation israélienne des Territoires palestiniens rend difficile la vie quotidienne pour la liberté de mouvement, l’économie et la vie sociale et religieuse », a pris une importance démeusurée. Alors que le texte rappelle la position classique de l’Eglise : soutenir « deux Etats », palestinien et israélien, « avec des frontières sûres et internationalement reconnues ». La nouveauté de ce document est plutôt du côté de l’islam, qui occupe non une phrase mais la partie substantielle du texte, l’autre touchant aux problèmes ecclésiaux. Que dit ce texte vis-à-vis de l’islam ? Trois idées : une dénonciation, un rappel historique et une proposition. La dénonciation porte sur la « montée d’un islam politique » depuis les années 1970 où « on voit augmenter un peu partout les attaques contre les chrétiens ». Mais avec le paradoxe de voir que les chrétiens, qui ont été « les pionniers de la renaissance de la nation arabe » et qui apportent beaucoup sur le plan éducatif, culturel et social, sont aujourd’hui menacés de vivre en « ghetto ». Quant à la proposition, elle consiste à « distinguer la réalité religieuse et la réalité politique » alors que « les musulmans ne distinguent pas religion et politique, ce qui met les chrétiens en situation délicate de non-citoyens, alors qu’ils sont les citoyens de ces pays bien avant l’arrivée de l’islam ». L’objectif serait « d’alléger le caractère théocratique des gouvernements en suivant le modèle d’une « laïcité positive », ouverte aux religions. Et d’avancer en termes législatifs sur la « liberté religieuse et la liberté de conscience qui sont généralement inconnues dans le milieu musulman ». Mais si l’Eglise catholique ose ainsi poser le problème, c’est que les chrétiens de Terre sainte – qui ont été directement consultés par Rome pour la rédaction de ce texte vigoureux – se trouvent déjà dans une problématique de vie ou de mort. Enfin, en s’opposant aux visées de l’islam politique pour préserver la convivialité des religions, qui a longtemps existé au Moyen-Orient, Rome sait que l’enjeu de ce combat concerne tout l’Occident."

by Jean-Marie Guénois, in Le Figaro, mardi 8 juin 2010

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Les nouvelles formes de solidarité de la société française : l’abstention, fruit d’une erreur de casting

« …D’autres formes de solidarité sont en train de se mettre en place. A la verticalité de l’Etat pourvoyeur de la bienfaisance publique est en train de succéder l’horizontalité de nouvelles formes d’entraide qui sont confortées par le développement des moyens de communication interactifs. C’est cette mutation mettant l’accent sur le quotidien et la vie de tous les jours, qui attend d’être accompagnée par les représentations politiques. Ce qui nécessite que soit acceptée la réalité d’un Etat modeste aux fonctions arbitrales plutôt que régalienne. Voilà ce qui est, confusément, perçu par l’homme sans qualité. Voilà ce qu’est le climat dans lequel baigne la socialité postmoderne. Et c’est cela que nous avons, en France, du mal à accepter. Car tel un « surmoi » envahissant, une insidieuse marxisation des esprits tend à prévaloir, qui confond la légitime générosité, propre à toute vie sociale, et la prise en charge infantilisante résultant de l’idéologie d’un service public aux tentacules infinis et paralysants. C’est parce qu’elle est bloquée par un tel surmoi que la droite n’a pas su transformer l’essai réalisé en 2007. Erreur de casting que les gages donnés à une idéologie fleurant bon son XIXe siècle… »

by Michel Maffesoli, in Le Figaro, jeudi 18 mars 2010

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Obama et l’Islam

"Le président américain veut partager avec ses alliés la difficile mise en place d’un « nouvel ordre international » susceptible de contrer l’extrémisme. « Petits esprits placés du mauvais côté de l’Histoire » Obama se dit persuadé qu’en isolant les islamistes radicaux et en défendant une politique antiterroriste compatible avec l’Etat de droit, au lieu de se laisser enfermer dans une logique unilatéraliste qui isolerait son pays,, l’Amérique aurait une meilleure chance de gagner la guerre hors normes que lui livrent Al-Qaïda et ses émules, sur son sol comme en Afghanistan. Pas question de laisser ces derniers enfoncer un coin entre l’islam et l’Amérique, et notamment entre les musulmans américains et le reste de la nation. « Les musulmans font partie de notre vie nationale » dit Obama, appelant à ne pas céder à « la peur » et qualifiant les radicaux d’al-Qaïda « de petits esprits placés du mauvais côté de l’Histoire ». Au moment où un imam américano-yéménite ose appeler les soldats musulmans américains à frapper leurs compagnons d’armes « infidèles », cette phrase est particulièrement importante."

by Laure Mandeville, in Le Figaro, lundi 24 mai 2010

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